Journal d'une disparition (extrait)

16 mai
au ralenti, pas de clap clap, une indifférence aux choses, comme une latence du corps, des respirations qui s’affaissent, bras ballants, où est l’utilité de soi ?

et tu me bouscules, déroulant ton fil de loin en loin

17 mai
des entourages, buées humaines, peut-être connues, leur évaporation n’a plus d’effet sur moi, je l’accepte, une vidange du présent

tu commences à vivre ta vie – détaché

18 mai
un peu noyée, bousculée, les tremblements ne se signalent plus, la marche des jours détachent une à une les sensations, pour mieux décortiquer le glacis des images

tu t’éloignes, tu t’éloignes – respiration

19 mai
ordre réordonné, des issues tendues, pour mon cœur, des sangles rattachées, pour mes bras, un départ et ça fait revenir

toi, évasif, évadé, vadrouilleur, va, va, va, vole

20-21-22 mai
de la terre des conquêtes, arrachée, je m’évacue par le vent, dérape, reprend mon rythme, gravite encore, où sont mes circulations ?

éloigné, rapproché, ta distance n’est pas la mienne

23 mai
enveloppe, des êtres s’additionnent, je les cumule, mes psychés, sagesse, bien pauvre, ramassée, encombrante, première coupure au doigt

je me défends de te voir te rapprocher, tu t’éloignes encore


Lecture à la galerie Paul Frèches le 27 juin 2008,
dans le cadre de l'exposition La courbe de l'oubli d'Estefania Penafiel-Loaiza

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Lire le blog en entier, pretty good