Poésie in situ - Poema - à lire "Chambre d'écho"



 
Vous pouvez lire ici
texte inédit publié par Poema dans le cadre du festival Poésie in situ.


FIGURES au Centre d'art contemporain de Genève


À voir et à écouter ma vidéo FIGURES sur la plateforme virtuel du Centre d’Art Contemporain Genève, le 5e étage qui vient prolonger et compléter la programmation du musée. 
Le 5e étage est envisagé comme un outil d’expérimentation artistique, un laboratoire de création visuelle et sonore renouvelé en continu.

National Poetry Month—Virginie Poitrasson, "A Fortiori," 2019





Virginie Poitrasson reads “A Fortiori,” a poem responding to the work of Pierre Soulages, on the occasion of the artist's centennial year and his most recent exhibition at Lévy Gorvy New York in 2019. The English translation by Mary Reilly is below the video.



Libr-critique parle d' "Une position qui est une position qui en est une autre"

Un grand merci à Christophe Stolowicki et à Libr-critique pour cette belle chronique de mon dernier livre « Une position qui est une position qui en est une autre » paru aux éditions Lanskine.


Alain Nicolas dans L'Humanité parle d' "Une position qui est une position qui en est une autre"


Poetry for Pierre Soulages - Lévy Gorvy - NYC



 


To celebrate Pierre Soulages’s 100th birthday, Lévy Gorvy is proud to present Pierre Soulages: A Century. This fully illustrated volume features a Plexiglas cover in honor of Soulages’s stained-glass windows at the Abbey Church of Sainte-Foy in Conques, and his lifelong quest to paint with light. Published in both English and Chinese, an essay by Alfred Pacquement, who also co-curated the Louvre’s 2019 Soulages exhibition, reflects on the critical reception of Soulages’s work internationally. An essay by Brooks Adams, also published in both languages, charts Soulages’s engagement with architecture throughout his career. Poetry by Sy Hoahwah and Virginie Poitrasson respond to Soulages’s life story and his work, while a comprehensive chronology of the artist’s life includes numerous excerpts from Soulages’s writings that appear here for the first time in English.

Publisher: Lévy Gorvy
Texts: Essays by Alfred Pacquement and Brooks Adams (both in English and Chinese); poetry by Virginie Poitrasson and Sy Hoahwah; comprehensive chronology of the artist’s life
Publication Date: December 2019
Binding: Plexiglas hardcover
Dimensions: 11 1/2 
× 9 1/4 inches (29.2 × 23.5 cm)
Pages: 188
ISBN: 978-1-944379-31-5


Une position qui est une position qui en est une autre aux éditions LansKine

 

Ce livre composé de six parties questionne de différentes manières l'amorce de la pensée : Comment la pensée se construit-elle ? Comment reconstruire son cheminement ? Comment la création s'enclenche-t-elle ? Qu'est-ce qui l'active, la réactive ? Quelle(s) position(s) prendre pour produire, pour écrire ?

Une position qui est une position qui en est une autre propose comme point de départ cet énoncé : Raconter une position, c'est un peu la trouver. Et ce, avec un esprit vif tout en questionnement et ritournelles, avec humour, distance et dérision.

En questionnant l'amorce de la pensée, ce livre s'attaque à la face nord de la langue, sans chercher à résoudre, ni à simplifier. Par le biais d'anti-scènes notamment, ce texte restitue des rêves, des scènes issues de l'inconscient, là où la langue nous échappe complètement. Se mêlent à la fois la gravité (état sauvage) des actes et une certaine légèreté due à leur répercussion dans la langue qui les réordonnance.  

Quelques extraits :

Disponible en librairie ou sur le site des éditions LansKine :
 

Habiter: contours et contrées - Lecture musicale


Sereine Berlottier et moi-même nous ferons une lecture croisée de nos livres récemment parus, Habiter, traces & trajets (éditions Les Inaperçus Ester Modié) et Le pas-comme-si des choses (éditions de l’Attente Sitefan de l'Attente), accompagnée par l'excellent guitariste Jean-Yves Bernhard! Nous évoquerons l'espace, la manière de le penser, de le rêver, de s'en souvenir...

Lecture musicale
Vendredi 4 octobre - 20h

Sereine Berlottier & Virginie Poitrasson
« Habiter : contours et contrées »
Avec le musicien Jean-Yves Bernhard
Passage Molière
157 rue Saint-Martin
Accès: Rambuteau (9), Etienne Marcel (4), Châtelet Les Halles (RER A, B, D lignes 1, 4, 7, 11, 14)



ÉCRIRE L'ART aux Presses du réel




Cet ouvrage rassemble les œuvres littéraires inédites composées autour des expositions de La Kunsthalle Mulhouse à l'occasion de la résidence « Écrire l'art ». Véritable mémoire de dix années d'expositions, ce livre reflète la créativité et la diversité d'un lieu ouvert à de multiples pratiques artistiques.
Pendant 10 années, répondant à l'invitation de Jennifer K Dick et Sandrine Wymann, 21 poètes se sont succédé à La Kunsthalle. Exposition après exposition, en immersion au cœur des œuvres, Jérôme Mauche, Virginie Poitrasson, Frédéric Forte, Véronique Pittolo, Jean-Michel Espitallier, Daniel Gustav Cramer, Michaël Batalla, Stéphane Bouquet, Cécile Mainardi, Martin Richet, Eric Suchère, Hyam Yared, Anne Portugal, Andrea Inglese, Christophe Fiat, Dominique Quélen, Frank Smith, Christophe Manon, Sandra Moussempès, Deborah Heissler, Luc Bénazet se sont emparés de l'invitation et ont composé une œuvre inédite.
Elles sont à présent rassemblées dans un Dossier des ouvrages exécutés. Véritable mémoire de dix années d'expositions, ce livre reflète la créativité et la diversité d'un lieu ouvert à de multiples pratiques artistiques.



Paru en septembre 2019

édition française

24 x 32,7 cm (broché)
208 pages (2 ill.)
20.00 €






Performance vidéo sur Le pas-comme-si des choses




Performance vidéo sur Le pas-comme-si des choses à l'ENSA de Limoges, samedi 11 mai 2019

Le pas-comme-si des choses : Article sur www.diacritik.com




Le livre de Virginie Poitrasson pourrait être lu comme une sorte de phénoménologie bizarre. Sous le corps propre, sous le corps phénoménal, il s’agirait de faire advenir un autre corps délirant qui ne serait pas celui de la folie psychiatrisée mais celui par lequel le corps se désagrège, se multiplie, bifurque constamment, devient le monde autant que le monde devient le corps.
Par Jean-Philippe Cazier


Le pas-comme-si des choses dans Le Monde

 


Le pas-comme-si des choses paru aux éditions de l'Attente

Le feuilleton. Du côté de chez soi
Claro prend la mesure de sa présence au monde avec Virginie Poitrasson.
LE MONDE DES LIVRES | 25.10.2018 à 07h00 |
Par Claro
(Ecrivain et traducteur)

Le Pas-comme-si des choses, de Virginie Poitrasson, L’Attente, 172 p.,16 €.

On se souvient peut-être de ce que disait Descartes à propos de la cire. Une fois livrée à la flamme, elle change, et change si radicalement qu’on pourrait croire que ce n’est plus la même cire. Seul notre entendement est là pour nous empêcher de nous pincer, ou pour remplacer avantageusement ce pincement. Quant à nous autres, pauvres humains, nous aimerions bien ne pas découvrir que nous ne valons guère mieux que de la cire. Mais trop tard : de cire sans doute nous sommes faits, et notre entendement aura beau mettre en branle la machine cartésienne, rien n’y fera, notre corps n’en finit pas de passer d’un état à l’autre, et pour cela tout lui est flamme, la passion, le deuil, l’ennui, le rêve. Il y a quelque chose en nous d’immensément instable, et c’est sans doute l’un des principaux enjeux de l’écriture que d’inventer, à chaque livre, une poétique de cette instabilité.

Pour Antonin Artaud, par exemple, il est question de se confronter à une « souffrance froide et sans images, sans sentiment, et qui est comme un heurt indescriptible d’avortements » (L’Ombilic des Limbes, Gallimard, 1925). Pour Virginie Poitrasson, dont les Editions de l’Attente viennent de publier "Le Pas-comme-si des choses", l’enjeu est différent, mais l’acuité non moins grande : il s’agit de prendre la mesure de son corps, de ses pensées, de sa présence au monde, alors même qu’on se sent « hors champ », déconnectée, ici et pas ici.

« Combien de corps faut-il donc que je trimbale ? Certains ne sont pas identifiés. » Je est non seulement un autre, mais une foule d’autres, dont certains sont des fantômes, ne rêvons pas, ou plutôt si, rêvons, laissons nos rêves se peupler, nous serons moins seuls, ou seuls différemment.
Bien sûr, le monde ne se borne pas aux autres, il commence tout de suite après la peau, dès l’air, entre nous et le reste, et même entre nous et nous.

Sa lisière n’est jamais nette – où sommes-nous dès que nous fendons l’air du monde ? Les questions et les situations que pose et décrit l’auteure arrivent jusqu’au lecteur dans leur plus simple appareil, pourrait-on dire, portées par une langue fluide et fragile, inquiète et précise. Poitrasson, sans aucun égocentrisme – et ce n’est pas là le moindre miracle de son livre –, interroge cette porosité qui est peut-être une menace, peut-être une protection. « En fait, il n’y a pas de corps, ou plutôt il y a des corps, beaucoup de corps en ce monde, ils s’élancent, glissent, planent, virent de-ci de-là, bondissent tremblants, mais ils ne sont à personne. Véritablement, ils ne sont à personne. » Ne croyez pas le propos abstrait : on est ici au coeur des sensations, dans l’affleurement du sentiment de dépossession, de perte. « C’est juste que je ne peux me résoudre à adopter une formev définitive. » Ceci, aussi : « Mais je marche à côté de moi. » On l’a dit : au commencement était la cire. Quelle flamme, alors ?
Il est très vite question dans le livre d’un décès, d’une noyée, d’une absence ô combien réelle. « On t’a retrouvée. On t’a retrouvée dans les grands fonds. Tu as été ramenée sur nos rivages. » Ces grands fonds, mais aussi ces rivages, l’auteure accepte d’y errer encore, de faire elle-même l’expérience intérieure de la noyade, d’entrer en résonance avec le monde après la perte.

D’approcher au plus près de ce qu’on nomme « sublimation », « quand l’état solide passe directement à l’état gazeux sans passer par l’état liquide, quand la distance entre le vivant et le défunt est remplie par les mots, les objets, les personnes et les gestes courants, tel que faire la vaisselle, quand, choc frontal, on plonge directement dans l’éther, quand le mort (silence) paraît ramené à la vie (mythologie) ». L’au-delà : un lieu devenu soudain paysage intérieur. Changé en maison, plutôt, puisque telle est la sensation décrite par Poitrasson. « Je suis comme ma maison. Avec ses obstacles, ses angles morts, son jeté de lumière, ses rondeurs et veloutés, ses transitions d’une pièce à l’autre. » Page après page, comme on tâtonne dans la pénombre, le « je » du livre nous convie à éprouver plus profondément et plus intelligemment tout ce qui, hors de nous, participe néanmoins de nous. Nos gestes, notre transpiration, nos pensées, ce que nous voyons dans le noir : enclos imprécis qui nous contiennent mal, et dont l’auteure sait rendre les plus infimes vibrations.

Ce qu’on croyait indicible, ou trop immatériel pour être approché, l’auteure le traverse et le rend tangible : « Je sens que je deviens. (…) Je chemine en longeant ma circonférence, elle est vraisemblablement ce qui pourrait me condamner à la perpétuité si je la longe tout du long. Pourtant, je passe constamment du bienvenue à l’adieu, de l’éclosion à la décomposition, de l’étreinte à la rupture. Je suis une transition.» Transition : tel aurait pu être le titre de ce bréviaire de l’oscillation qui, à l’instar des livres de Noémi Lefebvre (tel Poétique de l’emploi (/livres/article/2018/02/08/lefeuilleton-dire-detruit-elle_5253571_3260.html), Verticales, 2018), ose affronter les risques de dissolution afin que l’apparition l’emporte sur l’apparence. Virginie Poitrasson parle à un moment de faire de la langue « une langue revenante ». Une démarche orphique, donc, à la fois humble et têtue, qui éblouit par sa subtilité et sa générosité.

Le corps réinventé de Virginie Poitrasson - L'Humanité - 7 septembre 2018



Le corps réinventé de Virginie Poitrasson

Vendredi, 7 Septembre, 2018

Avec Le pas-comme-ci des choses, la poète de Il faut toujours garder en tête une formule magique fait face à un corps qui se disperse, se multiplie, se dissout et que l’écriture peut à nouveau faire apparaître.

Virginie Poitrasson, Le pas-comme-ci des choses. L’Attente. 172 pages, 16 euros.

« Combien de corps faut-il que je trimbale ? » demande Virginie Poitrasson à l’entame de ce récit. Avoir le sentiment de se trouver sans corps, ou dotée d’une multiplicité de corps, et comment le dire ? C’est ce dont Le pas-comme-ci des choses se propose de rendre compte. Cela n’est pas un épisode dans une vie, pas un événement, cela ne commence pas vraiment. Il y a « juste un bruit de fond » et « de petits drames » l’un après l’autre, des « oscillations de présence », qui apparaissent. On pourrait décrire de la sorte le commencement du monde, qu’on soit théologien ou physicien.

Le récit, lui, nous met en présence d’anomalies, d’accidents. Des doigts qui se raidissent et laissent tomber des objets. Des yeux qui voient flou, ou décalé. Un corps qui, lui dit-on, est « un bel accident ». Une crise hallucinatoire ou un corps qui «  se réinvente constamment ». Corps qui disparaît, se dédouble à l’infini. « Je n’oppose plus de résistance, je suis toute à mon corps, à mes corps. Je les additionne. » Plus de corps, cela peut se lire multiplication ou aussi soustraction : « En fait, il n’y a pas de corps. » Assimilé aux objets, avalé par les surfaces, les volumes, les murs ou l’eau, les vases, les fils électriques, il ne se distingue plus du monde. Le titre même « pas-comme si » établit cependant « Mon corps est la texture commune de tous les objets. »

Le livre peut se lire comme le récit d’un rêve

Le pas-comme-ci des choses peut se lire comme le récit d’un rêve. Il y en a dans chacune des onze sections du livre. Leur début est signalé, pas leur terme. Comment savoir où ils finissent sans définir une frontière, indiscernable. Le texte entier pourrait ainsi être lu comme un rêve infini, une série de rêves emboîtés que la dernière page ne clôt pas. Rêve, insomnie, souvenir, éveil, sait-on si on est revenu au matin dans la réalité ? Sait-on si même elle existe ? « Ce monde n’est peut-être rien de plus qu’un moyen d’être dans un autre monde.»

L’ouvrage de Virginie Poitrasson ne se présente cependant pas au lecteur comme une méditation abstraite sur le peu de réalité. S’il n’est pas la narration d’un épisode délirant, le texte s’ancre dans la matérialité du corps qui se dérobe, qui se dissout, dans la force des traces sensorielles, la persistance des impressions. Partant des sensations du corps propre à celles de son absorption dans les objets puis de sa multiplicité, il propose une sorte d’itinéraire de la dépossession. « Je passe au travers de moi pour observer la foule. Ma foule intérieure ».

Ce qui tient, cependant, c’est la certitude de « progresser telle une ombre au bout d’une phrase ». Le livre, dont le titre Le pas-comme-ci des choses » fait écho au « parti-pris » de Ponge, est l’aventure d’une écriture face à ce qui se dérobe, « une façon de saisir ce qui a été perdu ». Plongée dans la béance entre corps et monde, entre réel et langage, Virginie Poitrasson répond avec humilité par la précision de la phrase, le refus du surplomb. « Écrire pour faire apparaître ce qui n’a plus que l’apparence de quelque chose » est la revendication de ce texte vertigineux et fascinant où corps et langage se réinventent en écho.
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Avis de parution septembre 2018

Sur le site de l'éditeur, livraison gratuite 



Extrait - Le pas-comme-si des choses de Virginie Poitrasson paru aux éditions de l’Attente

Que se passe-t-il à l’intérieur de mon corps ? Il se
passe autrui et tous ces autres.
Si seulement je pouvais mieux voir dans l’obscurité.
Pour confirmer que non, je ne suis pas un mais tous
ces autres rassemblés, que non, je ne suis pas vide
et unique mais trop remplie quand arrive la fin de
la journée parce que j’ai accumulé. Je m’accumule.
Tas de poupées désarticulées. Mes automates. En
face, les autres cherchent mon vide, pour le remplir,
mais ils fuient face au spectacle de marionnettes qui
s’agitent et qui se mettent à parler à tue-tête quand
on les regarde de façon insistante. Je chancelle sous
leurs poids. Et me voilà en quinconce.

Je passe au travers de moi pour observer la foule.
Ma foule intérieure. Sans pour autant tomber, ni
trébucher. C’est là que je joue à l’homme invisible,
que j’essaie de changer le cours de mon destin.
J’interviens par petites touches, je contrarie les
histoires, ces lignées sans surprise où le début et la
fin sont déjà inscrits. Je m’immisce parmi elles,
dérobe ce qui appartenait à l’une pour le confier à
une autre, qui désemparée s’en débarrasse sans
plus attendre et va faire le bonheur d’une troisième
qui tombe dessus par hasard. Je les observe, elles
jouent au jeu de qui prendra le dessus sur l’autre. Il
y a celle qui crie plus fort que les autres, elle, je
n’arrive jamais totalement à la faire taire, je suis
toujours intriguée par celle qui fomente des
troubles dans un coin, je me contente de l’écouter
marmonner car peut-être parviendra-t-elle à ses
fins, et me sortira-t-elle des méandres de cette
foule. Il y a celle qui est toute emmêlée, cherchant
minutieusement la bonne ficelle à tirer, il y a celle
qui circule en eaux troubles, je l’oblige à dériver
toujours plus. Il y a celle qui s’est assoupie, je mets
un point d’honneur à lui botter les fesses pour
qu’elle se reprenne, il y a celle qui dit détenir la
vérité, je lui cours après mais elle reste
insaisissable, il y a celle qui, pleutre, préfère rester
cachée plutôt que de sentir quoi que ce soit, il y a
celle que je redoute d’inspecter, je ne m’approche
pas d’elle de crainte de rétrécir, de disparaître dans
sa masse, elles sont plusieurs, celles qui m’inspirent
de la défiance, la plupart l’air compact, solide, aux
contours nets mais au contact, elles se révèlent être
des histoires de marchands de sable. Il y a celle qui
au contact des autres se met à leur ressembler, tout
lui déteint dessus, elle les reproduit bien qu’un peu
pâlement, il y a celle qui est coupable et n’aspire
qu’à la confession que je suis incapable d’entendre
dans ce bourdonnement incessant, il y a celle qui à
mon feu vert est prête à mettre fin à ses jours, c’est
mon histoire kamikaze. Impossible de faire
l’inventaire de ma collection. Il n’y a pas de
sentinelles ici. Juste un grand espace ouvert de tous
côtés, même les coins n’en sont pas vraiment. Ma
foule y circule librement, volatile, apparaissant, se
scindant, disparaissant. Ce sont mes histoires.

Et je leur dis : « Toi, là, qui te tiens droit et qui me
tournes le dos, toi, ici, qui es penchée, toi qui es
accroupie, toi qui me regardes fixement, toi qui
croises et recroises les bras continuellement, toi qui
bouche béante n’émets pas un son, toi qui assise au
bord ne penses qu’à tomber, toi qui procèdes
uniquement par cercle, toi qui t’es oubliée, toi qui
ne sais que t’agiter, toi qui sautilles sur place en ne
citant que des nombres premiers, toi qui racles les
parois pour mieux y voir, toi qui joues à l’aveugle,
toi qui tombes en désuétude, toi qui cherches ton
souffle, toi qui ne veux pas te salir, toi qui me
pointes du doigt, toi, tu seras toujours au milieu de
moi, au milieu de mon milieu, et même si ce milieu
n’a pas de bord, il reste au milieu et toi dedans. Dire
où se trouve exactement mon milieu m’est difficile.
On ne perçoit pas un milieu. Il nous enveloppe, on
ne peut en faire le tour. »

Colloque Le corps du traducteur







Face à face : réflexions sur une expérience de traduction entrecroisée 

How the translator’s body interact with the translation itself ? Lily Robert-Foley and Virginie Poitrasson will do half a performance using video and sounds and half a discursive in-practice talk mixing English and French languages.



Parution de La tête et les cornes #4 avec des extraits de ma traduction de NEST de Mei-Mei Berssenbrugge

Le n°4 de La tête et les cornes vient de sortir et étrenne une nouvelle maquette conçue par la typographe Yohanna My Nguyen. 
Vous y trouverez, entre autre, des extraits de ma traduction du très beau livre de Mei-Mei Berssenbrugge, NEST.
Avec les auteurs : Peter Waterhouse, Lindsay Turner, Hugo Pernet, Keith Waldrop, Jacques Roubaud, Nils Christian Moe Repstad, Dawn Lundy Martin, Silje Vethal, Mei-Mei Berssenbrugge et Jørn H. Sværen

Et les traducteurs : Lucie Taïeb, Stéphane Bouquet, Bernard Rival, Emmanuel Reymond, Virginie Poitrasson, Marie de Quatrebarbes et Maël Guesdon

Et l'équipe T&C : Marie de Quatrebarbes, Maël Guesdon, Yohanna My et Benoit Berthelier

POUR S'ABONNER:
La tête et les cornes accélère son rythme : deux prochains numéros sont prévus pour 2018. 
Il est donc désormais possible de s'abonner et de recevoir les numéros 4, 5 et 6.
> Commander le n°4 : 6 euros + 2 euros de frais de port
Règlement par chèque ou paypal : https://www.paypal.me/lateteetlescornes/8
> S'abonner pour les n°4, 5 et 6 : 15 euros + 5 euros de frais de port
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Pour toute commande et/ou abonnement par chèque, envoyez-nous vos coordonnées par mail, svp :
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Un grand merci pour votre soutien !

PS: À venir dans le n°5 en janvier des extraits de ma traduction de Angle of Yaw de Ben Lerner !